20 déc. 2007

LA MORT DU LOUP

La mort du loup

I

Les nuages couraient sur la lune enflammée
Comme sur l'incendie on voit fuir la fumée,
Et les bois étaient noirs jusques à l'horizon.
Nous marchions sans parler, dans l'humide gazon,
Dans la bruyère épaisse et dans les hautes brandes,
Lorsque, sous des sapins pareils à ceux des Landes,
Nous avons aperçu les grands ongles marqués
Par les loups voyageurs que nous avions traqués.
Nous avons écouté, retenant notre haleine
Et le pas suspendu. -- Ni le bois, ni la plaine
Ne poussait un soupir dans les airs ; Seulement
La girouette en deuil criait au firmament ;
Car le vent élevé bien au dessus des terres,
N'effleurait de ses pieds que les tours solitaires,
Et les chênes d'en-bas, contre les rocs penchés,
Sur leurs coudes semblaient endormis et couchés.
Rien ne bruissait donc, lorsque baissant la tête,
Le plus vieux des chasseurs qui s'étaient mis en quête
A regardé le sable en s'y couchant ; Bientôt,
Lui que jamais ici on ne vit en défaut,
A déclaré tout bas que ces marques récentes
Annonçait la démarche et les griffes puissantes
De deux grands loups-cerviers et de deux louveteaux.
Nous avons tous alors préparé nos couteaux,
Et, cachant nos fusils et leurs lueurs trop blanches,
Nous allions pas à pas en écartant les branches.
Trois s'arrêtent, et moi, cherchant ce qu'ils voyaient,
J'aperçois tout à coup deux yeux qui flamboyaient,
Et je vois au delà quatre formes légères
Qui dansaient sous la lune au milieu des bruyères,
Comme font chaque jour, à grand bruit sous nos yeux,
Quand le maître revient, les lévriers joyeux.
Leur forme était semblable et semblable la danse ;
Mais les enfants du loup se jouaient en silence,
Sachant bien qu'à deux pas, ne dormant qu'à demi,
Se couche dans ses murs l'homme, leur ennemi.
Le père était debout, et plus loin, contre un arbre,
Sa louve reposait comme celle de marbre
Qu'adorait les romains, et dont les flancs velus
Couvaient les demi-dieux Rémus et Romulus.
Le Loup vient et s'assied, les deux jambes dressées
Par leurs ongles crochus dans le sable enfoncées.
Il s'est jugé perdu, puisqu'il était surpris,
Sa retraite coupée et tous ses chemins pris ;
Alors il a saisi, dans sa gueule brûlante,
Du chien le plus hardi la gorge pantelante
Et n'a pas desserré ses mâchoires de fer,
Malgré nos coups de feu qui traversaient sa chair
Et nos couteaux aigus qui, comme des tenailles,
Se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles,
Jusqu'au dernier moment où le chien étranglé,
Mort longtemps avant lui, sous ses pieds a roulé.
Le Loup le quitte alors et puis il nous regarde.
Les couteaux lui restaient au flanc jusqu'à la garde,
Le clouaient au gazon tout baigné dans son sang ;
Nos fusils l'entouraient en sinistre croissant.
Il nous regarde encore, ensuite il se recouche,
Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche,
Et, sans daigner savoir comment il a péri,
Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri.

II

J'ai reposé mon front sur mon fusil sans poudre,
Me prenant à penser, et n'ai pu me résoudre
A poursuivre sa Louve et ses fils qui, tous trois,
Avaient voulu l'attendre, et, comme je le crois,
Sans ses deux louveteaux la belle et sombre veuve
Ne l'eût pas laissé seul subir la grande épreuve ;
Mais son devoir était de les sauver, afin
De pouvoir leur apprendre à bien souffrir la faim,
A ne jamais entrer dans le pacte des villes
Que l'homme a fait avec les animaux serviles
Qui chassent devant lui, pour avoir le coucher,
Les premiers possesseurs du bois et du rocher.

Hélas ! ai-je pensé, malgré ce grand nom d'Hommes,
Que j'ai honte de nous, débiles que nous sommes !
Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,
C'est vous qui le savez, sublimes animaux !
A voir ce que l'on fut sur terre et ce qu'on laisse
Seul le silence est grand ; tout le reste est faiblesse.
- Ah ! je t'ai bien compris, sauvage voyageur,
Et ton dernier regard m'est allé jusqu'au coeur !
Il disait : " Si tu peux, fais que ton âme arrive,
A force de rester studieuse et pensive,
Jusqu'à ce haut degré de stoïque fierté
Où, naissant dans les bois, j'ai tout d'abord monté.
Gémir, pleurer, prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le Sort a voulu t'appeler,
Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler.

Alfred de VIGNY

17 déc. 2007

MES UNIVERSITES

Mes universités

by Philippe Clay

Mes universités,
C'était pas Jussieu, c'était pas Censier, c'était pas Nanterre
Mes universités
C'était le pavé, le pavé d'Paris, le Paris d'la guerre
On parlait peu d'marxisme
Encore moins d'maoïsme
Le seul système, c'était le système D
D comme débrouille-toi
D comme démerde-toi
Pour trouver d'quoi
Bouffer et t'réchauffer

Mes universités
C'était pas la peine d'être bachelier
Pour pouvoir y entrer
Mes universités
T'avais pas d'diplômes
Mais t'étais un homme
Quand tu en sortais
Nous quand on contestait
C'était contre les casqués
Qui défilaient sur nos Champs-Elysées
Quand on écoutait Londres
Dans nos planques sur les ondes
C'était pas les Beatles qui nous parlaient.

Mes universités,
C'était pas Jussieu, c'était pas Censier, c'était pas Nanterre
Mes universités
C'était le pavé, le pavé d'Paris, le Paris d'la guerre
Pourtant on tenait l'coup
Bien des fois entre nous
On rigolait comme avant ou après
Mais quand ça tournait mal
Fallait garder l'moral
Car y avait pas de came pour oublier
Mes universités
C'était mes vingt ans pas toujours marrants,
Mais c'était l'bon temps

Mes universités
Si j'en ai bavé je m'f'rais pas prier
Pour y retourner
Bien sûr l'monde a changé
Tout ça c'est du passé
Mais ce passé faut pas vous étonner
Il est tellement présent
Qu'on n'comprend plus maint'nant
C'qui n'tourne plus rond dans vos universités.

QUE C'EST DUR LE TEMPS DE GUERRE!
LA suspicion est partout sans parler de la délation.
L'instinct de survie amène les gens à tuer, à détruire.
QUE VIT LE PEUPLE IRAKIEN AUJOURD'HUI?
ET LE DARFOUR,
ET LE BURUNDI?
ET LA RDC?
ET LA BIRMANIE?
..../....
QUE DIEU AIT PITIE DE NOUS. C'est le livre de Dominique WIEL prêtre ouvrier, injustement accusé dans l'affaire d'OUTREAU.
Voici les deux dernières phrases de la quatrième couverture du livre :
Le destin d'un homme qui nous ouvre les yeux sur notre vulnérabilité.
Un livre contre les égoïsmes, contre l'indifférence.

16 déc. 2007

LA CRISE POLITIQUE BELGE

Voici plus de 6 mois que la Belgique est sans gouvernement! En Europe, tout le monde semble ne pas s'en émouvoir! pour neutralité je pense ou par manque de solutions adéquates. Le démantèlement de la Belgique ne serait-il pas prémices d'un démantèlement de l'Europe? On voudrait ignorer les conséquences. Or la montée du nationalisme flamand est un processus historique par lequel ont passé la plupart des pays européens. Depuis l'acceptation du FN dans l'espace politique français, d'autres partis extrémistes ont vu le jour en Autriche, en Allemagne, en Suisse, en Hollande, et dans les pays scandinaves tous arborant les idées racistes et antipatriotiques. Malheureusement, les anciens partis bien qu'ancrés dans l'espace politique national était en perte de vitesse car ils n'arrivaient plus à proposer au peuple un but ou un objectif. Ces partis extrémistes sont entrés par la grande porte laissée par la vide idéologique des anciens partis de droites comme de gauche.
Voila que les Flamands sont décidés à démanteler l'unité belges qu'ils ont construit depuis 1830. voilà des hommes sains d'esprit qui décident que leur œuvre, que l'œuvre de leur père et aïeuls était inutile et sans valeur et qu'il faut le détruire par cupidité.
Moi que suis né et ayant grandi au Burundi (ancien colonie belge) je suis moins étonné de la tournure des évènements. D'ailleurs je suis étonné que l'unité ait duré aussi longtemps. Le Burundi, le Rwanda et la RDC (ancien ZAÏRE) ont été les théâtres des divisions flamands-wallons depuis la colonisation et le summum a été atteint dans les années 90.
La crise belge est-il un évènement isolé ou un indicateur historique? Les hommes croient-ils encore à l'unité ou à une oeuvre commune? les destinées d'une nation peuvent-elles primer sur les destinées individuelles?

15 déc. 2007

UNE FLEUR RIEN QU'UNE ROSE

UNE fleur rien qu'une rose
que j'ai cueillie pour vous
Je me suis permis d'emprunter cette de phrase de CRAZY HORSE pour vous partager la beauté de cette rose que j'ai photographiée l'année dernière.
cette rose n'existe plus, elle a fané mais sa beauté perdure car je l'ai emmagasinée sur la photo.
Il en est de même de toute vie humaine.
La vie donnée, mise au service des autres est comme cette fleur. Elle n'a rien fait pour que je la remarque mais j'ai eu l'impression ce matin qu'elle s'était faite belle pour moi pour que je la remarque et immortalise sa beauté.
Je peux aussi avoir créé sa beauté, après tout c'est moi qui lui donne son intensité. Celui qui n'aime pas les roses, ne peut ressentir ce que j'ai ressenti en la photographiant, comme il ne pourra pas appréhender mon émoi devant cette rose.
Nos vies sont aussi parfois mises en valeur par certains alors que les autres sont prêts à nous immoler à l'autel de leurs idoles. Nos beautés tant intérieures qu'extérieures sont ainsi mises à jour par les autres.
Sommes- nous prêts à voir la beauté de l'autre ou la beauté de cette fleur?

14 déc. 2007

QUI ETES-VOUS?

Très souvent, cette question m'est posée et ma première réaction est de répondre en donnant mon nom et prénom.
Le nom n'est pas seulement ce qui m'identifie. Je peux répondre que je suis un homme et que j'ai 45 ans. (Je donne des indications sur mon sexe et mon âge). Mais personne ne me connait pas encore.
je peux aussi dire que je suis né au Burundi et on me demandera où se trouve le Burundi. Là je donne aussi une partie de mon histoire de vie et mon interlocuteur peut me demander comment je suis arrivé en France et ce que j'ai vécu jusqu'ici et comment j'ai vécu.
Toutefois, connaitre ces indications sur moi ne permet pas vraiment de me connaitre. Je suis moi même. Ces caractéristiques qui me sont propres n'ont rien à voir avec mon comportement.
J'ai un ensemble d'éléments qui me permettent d'être ce que je suis et qui sont immuables. Ces éléments sont en partie innés et d'autres acquis dans la petite enfance quand je faisais l'apprentissage de la vie sociale.
Pour les anthropologues et sociologues, j'ai une partie d'acquis culturels que je ne peux en aucun cas nier sans me renier moi-même. Ce sont ces acquis qui font que je puisse m'adapter dans une autre culture. Mais il faut d'abord que je me possède moi-même pour accueillir l'autre. Posséder sa culture permet d'accéder à la culture de l'autre. Il importe de mieux se connaître pour mieux appréhender les autres. On ne donne que ce qu'on a.

13 déc. 2007

ET SI LA TERRE SE REBIFFAIT?

QUE FEREZ-VOUS?
Lorsque j'étais enfant au Burundi, je jouais avec d'autres enfants du village. Un jour, nous avions tellement couru et crié que nous avons indisposé, momentanément, les vieux.
Alors un des vieux nous interpelle pour nous poser une question. Et il s'est adressé à moi spécialement. ET SI LA TERRE VOUS DISAIT QU'ELLE ÉTAIT FATIGUÉE D'ÊTRE PIÉTINÉE! QUE FEREZ-VOUS?
Je n'ai trouvé de réponse et aujourd'hui, trois décennies plus tard, cette question est encore dans ma mémoire comme un phare qui me guide. Il est évident que depuis, je regarde la terre sur laquelle je marche avec un autre regard. Cette terre qui me nourrit et me procure tout ce dont j'ai besoin.
Je vis sur la terre comme si elle m'était prêtée et que je dois en prendre soin car je dois la rendre. A qui? Aux générations futures comme l'ont fait mes aïeuls et mes parents. Alors que l'évolution économique et humaine n'arrête pas de blesser la terre, un vieillard m'a suggéré un jour de respecter ce don précieux; pour moi et pour les autres.

12 déc. 2007

LE SOURIRE

Le Sourire

Un sourire ne coûte rien, mais il a une grande valeur.
Il enrichit ceux qui le reçoivent, sans appauvrir ceux qui le donnent.
Il dure un instant, mais on s’en souvient longtemps.
Personne n’est assez riche pour s’en passer, même les pauvres peuvent le posséder.
Il rend les familles heureuses, les affaires prospères, les amitiés durables.
Un sourire nous repose quand nous sommes fatigués.
Nous encourage quand nous sommes déprimés, nous réconforte quand nous sommes tristes.
Et nous aide à combattre tous nos soucis.
Cependant, il ne peut pas être acheté, emprunté ou volé.
Il a de la valeur seulement quand il est donné.
Si vous rencontrez quelqu’un qui ne vous donne pas le sourire que vous méritez, soyez généreux, donnez-lui le vôtre.
Car personne n’a plus besoin d’un sourire que celui qui ne peut en donner aux autres.
Auteur Inconnu

11 déc. 2007

LA CHANSON D'INNOCENCE

Elle disait faut pas toucher
Aux oiseaux dans les champs de blé
Je tuerai le chasseur qui les tuera
Je te tuerai même si c'était toi
Et la violence de ces paroles
De cette chanson d'innocence
Ça m'fait pleurer quand j'y pense

Catherine le monde as changé
Les chasseurs sont du bon coté
Pour les oiseaux y a plus grand-chose à faire
Il tuerons les pigeons au nucléaire
Les champs de blé de nos jeux d'enfance
Seront bientôt comme comme ce désert
Comment me taire quand j'y pense

Ils s'ont fiers de leurs bombardiers
De leurs soldats, de leurs idées
Y a des goulags pour ceux qui parlent trop
Y a des médailles pour jouer les héros
Y a pas une chanson qui peut faire
Changer les choses, non aucune chose
Ça m'fait chanter quand j'y pense

Les maîtres de la guerre sont là
Dieu est à leurs côtés tu vois
Ils se déguisent derrière leurs discours
Ils nous mentent un peu plus chaque jour
Quand les larmes et le sang
N'auront plus aucun sens
J'irais prier si j'y pense

Elle disait faut pas toucher
Aux oiseaux dans les champs de blé
Je tuerai le chasseur qui les tuera
Je te tuerai même si c'était toi
Je me demande si elle croit
Toujours en la violence
Ou si elle croit encore en l'amour
Ça m'fait douter quand j'y pense.

Gerard LENORMAND

10 déc. 2007

L'HOMME, UN ETRE FRAGILE

De toutes les créatures, l'homme nait très démuni. Il lui faut du temps pour appréhender les choses qui l'entourent. Il lui faut du temps pour voir, parler, manger correctement. Il a toujours besoin des autres. Cette dépendance est le lot de chaque homme.
Malheureusement, une fois adulte, l'humain se croit indépendant et oublie que seul, il est incapable.
Que nous le voulions ou nous, nous avons besoin des uns des autres. nous avons besoin de la connaissance des autres pour que notre idée soit plus claire et compréhensible. Nous avons besoin des autres pour acquérir ce que nous ne possédons pas. Nous avons des agriculteurs pour la nourriture que nous ne pouvons pas produire quand nous travaillons dans les bureaux ou dans les usines. Les agriculteurs ont besoin de notre argent pour acheter les semences, la matériel agricole et d'autres produits qu'ils ne cultivent pas. J'ai besoin des usines d'habit pour me vêtir, j'ai besoin des transports pour aller travailler. Les services que rendent les uns sont les nécessités des autres et le monde ne peut se passer de cette dualité de l'offre et de la demande. A chaque question que pose l'homme existe une réponse venant d'un autre homme.
Cette interdépendance se trouve dans tous les secteurs de l'homme. Qu'il soit petit ou grand, riche ou pauvre.
Pourquoi nous obstinons-nous à penser que nous nous suffisons à nous même?

1 déc. 2007

QUELLE EST LA VALEUR DE LA VIE AUJOURD'DUI,

Dans un monde où le profit prime sur la valeur de la vie, il importe à chacun de se poser la question de la valeur de sa vie.
Beaucoup de pays sont à feu à sang, à cause des guerres dont la population ne connait ni les tenants ni les aboutissants. Nous cherchons toujours à justifier ces guerres comme si elles étaient nécessaires mais nous oublions que chaque fois qu'un humain assassine un autre humain, c'est toute l'humanité qui est criminelle. C'est à la faillite de l'homme que nous assistons souvent incrédules et désabusés. Les armes pullulent en Afrique alors que le pays n'en est pas producteur, les enfants sont enrôlés pour être aussi bien la chair à canons que des machines à tuer.
Les États-Unis ne sont pas en reste dans le non respect de la vie humaine. Outre, qu'ils vendent les armes dans les pays sous développés, le gouvernement BUSH est entrain de détruire toute la culture démocratique de ce pays sous l'idéologie fallacieuse de la sécurité nationale. La guerre en Irak en est la preuve. La mise à genou du peuple irakien est une atteinte au droit de l'homme et une honte pour le monde civilisé dont se réclament les USA.
Les conséquences sont néfastes aussi pour les américains. Aux estropiés physiques qui rentrent, il faut ajouter les traumatisés psychiques. Or les USA n'avaient pas encore liquidé les séquelles de la guerre du Vietnam encore moins celles de 1991 et voilà qu'ils en rajoutent...
Est-ce par respect, de prendre les jeunes patriotes pour les envoyer dans le bourbier irakien? Le prix de la sécurité est trop chère, certes. Mais faut-il lui sacrifier femmes, enfants ou maris?